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Tous nuls en orthographe !

La devise de la République française

La devise de la République française

Tous nuls en orthographe ! La faute à qui ?

On peut rire de tout, certes. Mais rit-on du lépreux qu’on a sciemment contaminé ?

Lorsque les enseignants pointent certaines fautes d’orthographe, ils ne devraient pas oublier leur responsabilité collective dans cette histoire. Ils transmettent ce qu’on leur demande de transmettre ; ils donnent, parfois plus, parfois moins. Ils transgressent, cela arrive, très peu, trop peu. Ils finissent souvent, surtout les plus récemment sélectionnés, par abdiquer tout esprit critique.

La parabole du boulanger

Imaginez un boulanger à qui l’État ordonnerait de faire le pain en moins de temps et avec de mauvais outils et qui exigerait de plus que cela reste un secret entre eux. Imaginez que ce même boulanger sache en toute conscience que son pain, préparé en respectant les normes officielles, n’est pas bon et peut même, à moyen et long terme, être nocif pour la santé. Le boulanger continuerait à faire du bon pain “comme avant” pour sa famille et lui. Et quand les inspecteurs viendraient vérifier s’il respecte les nouvelles normes, il aurait toujours de bonnes appréciations, ce qui lui permettrait d’augmenter régulièrement son salaire (de 60 euros tous les 4 ans), tout en baissant le niveau de qualité de son pain.

Humiliations consenties : l’entre-soi des “*sachants”

Les enseignants respectent et appliquent les instructions officielles. Mais quand il s’agit de leurs enfants, ils compensent à la maison avec ce qu’ils savent être indispensable et qui n’est plus dispensé à l’école ou au collège (beaucoup de profs encouragent la lecture dès le plus jeune âge et font faire de la graphie et des dictées à leurs enfants). Les fautes d’orthographe ? Ils s’en amusent parfois en salle des trmaîtres, puis en pleine classe avec les élèves consentants. Avec plus ou moins de bienveillance.

http://www.madmoizelle.com/orthographe-shaming-cy-292347

Cy, orthographe shaming, 2014.

A l’origine des maux : pourquoi le niveau baisse-t-il ?

Beaucoup de gens se demandent pourquoi les enfants ont si peu d’acquis en orthographe. Chacun y va de son interprétation, mais il y a un fait qui est indéniable.

De 1970 à aujourd’hui, les élèves ont “perdu” un an et demi de cours de français jusqu’en troisième (lire à ce sujet l’article du site sauver les lettres). On ne peut donc pas imaginer qu’il soit possible d’atteindre le même résultat à l’écrit qu’il y a trente ans.

Entre les élèves des années 70 et ceux de maintenant, il y a effectivement un gouffre. Il n’est dû ni à la paresse des jeunes générations, ni au seul manque d’efforts des disciples et des maîtres, ni à l’incompétence des enseignants, ni au langage “sms”, même si ces facteurs ont pu renforcer des lacunes chez certaines personnes.

“Mais que fait l’Éducation nationale ? Pauvre France !”1

La formation continue des enseignants

Les enseignants se voient proposer – de moins en moins, faute de moyens – des conférences et formations pour les aider à pallier cette chute de niveau. Les professeurs subissent de plus en plus ces conférences contradictoires et parfois méprisent ces théoriciens qui restent loin du terrain.
En réalité, il s’agit moins de résoudre les vraies difficultés (car cela serait trop coûteux et trop long) que de permettre à des linguistes de se servir des enseignants comme instruments et des élèves comme cobayes. Tout le monde (enseignants, inspecteurs) se plie de fort mauvaise foi à ce jeu de dupes et, de toute façon, tout le monde sait bien que cela ne sera pas suivi d’effet réel dans les classes.

La perception de l’erreur

On incite aussi l’enseignant, par le biais de recommandations hiérarchiques, à ignorer certaines erreurs, ou, pire, à en valoriser d’autres qui témoigneraient d’un balbutiement de réflexion. Félicitons donc l’élève de CM1 pour avoir mis un “s” à la fin du verbe “chanter” quand ce sont “*les oiseaux qui chantes”, car “il a mis une marque correspondant au pluriel”.
“Stimuler, plutôt que décourager”, disait Benoît Hamon, alors Ministre de L’Éducation nationale en juin 2014. Il ne faudrait pas se méprendre sur ce qu’il faut stimuler et réfléchir aux effets recherchés.

Tout se passe comme si changer de regard allait suffire à pallier l’absence de véritable réflexion résoudre le problème de l’École.

Ce n’est qu’un marronnier de plus dans la forêt politico-pédagogique, forêt de fausses idées ressassées qui, désormais, est devenue le poumon vert du Ministère de l’Éducation nationale, l’endroit où se réfugier quand affronter les vraies problématiques devient étouffant.

Note :

1. Expression à la mode, utilisée ici de façon ironique, que l’on entend à tout propos, aussi bien pour dénoncer une France abrutie qu’une France décadente ou encore une France réactionnaire…

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Emily Bertrand

About Emily Bertrand

Emily BERTRAND, passionnée de littérature allemande, de didactique et de rock (tendance punk), elle est une autodidacte appliquée dans les domaines du marketing digital, de la programmation et du référencement naturel.

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