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Progresser en orthographe

S’entraîner avec des dictées

Les bienfaits de la dictée pour améliorer son orthographe

Il est de fait que l’orthographe ne s’acquiert qu’avec une bonne réflexion et de nombreux exercices. La dictée fait partie de ces exercices, à condition qu’elle soit bien menée… La dictée est un exercice qui sollicite la mémoire cognitive (mémorisation des processus de réflexion), la mémoire visuelle et la mémoire auditive (à condition que tous les mots, soient épelés).

Un exercice de dictée (préparée ou analysée a posteriori) pratiqué de façon soutenue, méthodique et exigeante aura un impact fort dans les quelques semaines suivant son commencement.

Voici quelques conseils pour optimiser l’impact de l’exercice de dictée sur les résultats généraux en orthographe.

Cinq conseils pour que l’entraînement soit de qualité

1. Préparez chaque dictée avant la passation.

Photocopiez ou imprimez votre dictée en grand sur une seule page, en police 24 au minimum, placez-la devant vous.
Lisez-la à voix haute, éliminez avec un dictionnaire les doutes sémantiques, si vous en avez.
Épelez chaque mot par groupes syllabiques. Exemple : “chemin : che, c-h-e, min, m-i-n”.
Identifiez les verbes, leur temps, les sujets et les accords pluriels.
Relisez vos tables de conjugaison associées.

2. Recopiez la dictée en entier, en essayant de mémoriser plusieurs mots à la suite.

3. Demandez à un proche de vous dicter le texte étudié.

Si vous êtes seul(e), enregistrez la dictée avec l’enregistreur de votre ordinateur ou par un autre moyen.

Écrivez votre texte “sous la dictée” rapidement, puis réécoutez la dictée une dernière fois.

4. Faites un peu de grammaire !

– Identifiez les verbes avec leur(s) sujet(s).
– Identifiez les accords pluriels.
– Identifiez les noms communs et les noms propres, les déterminants, les pronoms personnels, les adjectifs, les adverbes…
– Si tout cela est flou pour vous, fouillez sur Internet et imprimez quelques leçons de grammaire du CE1 au CM2.

5. Enfin, relisez chaque mot l’un après l’autre, très lentement tout en vous posant les questions suivantes :

– Est-ce que j’ai bien repéré les sujets des verbes et accordé les verbes en conséquence ?
– Est-ce que j’ai bien repéré les adjectifs et les noms auxquels ils se rapportent ? Sont-ils correctement accordés ?

Comment tirer profit des dictées passées ?

Nous le répétons sans cesse, si vous avez la volonté de progresser vraiment en orthographe, alors il faut vous comporter comme un sportif : éliminer les mauvaises habitudes, muscler ses connaissances en grammaire et répéter le même geste jusqu’à l’exécuter parfaitement.

Pour tirer le meilleur profit de ces dictées, essayez de suivre ces conseils de professionnels :

  • Retravaillez vos erreurs, relisez les règles de grammaire et les tableaux de conjugaison.
  • Affichez vos dictées passées au-dessus de votre bureau.
  • Si vous avez fait plus de trois erreurs, refaites la dictée 24 heures après.
  • Et la plus importante : faites une dictée par jour !

  

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Dictées du certificat d’études primaires

Voici trente-trois dictées du certificat d’études primaires, classées par département.

Nous reproduisons ici les dictées de la session de l’année 1987.

Ce sont des dictées qui peuvent concerner des enfants à partir de 10 ans ou des adultes qui souhaitent évaluer leur niveau.

Si vous avez besoin de conseils sur les conditions dans lesquelles vous pouvez vous exercer grâce à ces dictées, vous les trouverez dans cet article.

 

AIN
Je marche depuis quelques instants dans la forêt. Les oiseaux qui chantaient si fort auprès de la maison ne s’aventurent pas jusque là. Ils restent comme des chiens, à portée de voix et n’aiment pas s’éloigner des lieux où l’homme vit. Je mesure le progrès des fougères qui soudain déroulées déploient leur tapis de haute verdure. Je sens mes pas épouser la souplesse du chemin. Le silence et l’espace me guérissent du mal des villes. C’est une brève incursion dans un royaume presque oublié, un retour au calme dans une vie de plus en plus trépidante et difficile.

 

ARDECHE
Chaque hiver des pilotes mouraient dans la neige. Pour de l’argent, pour sauver un blessé, transporter d’urgence un enfant malade vers un hôpital, pour la gloire ou même pour rien, le plaisir, les pilotes jouaient leur vie. Les appareils minuscules se perdaient en forêt comme le font les navires de pêche en plein océan. D’autres avions partaient à leur recherche. Des pilotes volaient des journées entières, s’usant les yeux à scruter les moindres replis du sol avec l’espoir que leurs camarades vivaient encore. Dès qu’ils apercevaient une fumée montant d’un bois, ils allaient voir. La plupart du temps, ils survolaient la tente d’un trappeur ou le camp de quelques Indiens. D’après Bernard Clavel, L’or de la terre.

 

AVEYRON
Au fond de la rue, certaines jeunes personnes de la campagne, filles ou femmes mariées, venaient vendre leurs cheveux. Elles les dénouaient d’abord, les faisaient ruisseler sur leurs épaules. On ne les payait point en argent. Avant le sacrifice, elles désignaient sur l’étal de l’acheteur un coupon de drap ; d’accord ou pas d’accord, répondait l’homme suivant la longueur ou l’épaisseur de la toison. Il la caressait d’une main, puis la saisissait dans son poing gauche comme une queue de cheval, levait les ciseaux ; elle tombait toute, il la nouait d’un fil et la jetait dans un sac de toile. Jean Anglade, Les ventres jaunes.

 

CALVADOS
Le dimanche n’est pas un jour pareil aux autres. On s’en aperçoit en ouvrant les yeux à l’heure habituelle : impossible de dormir plus longtemps, c’est devenu machinal. On se force pourtant à rester au lit. Durant toute la journée, il faudra se reposer, ne pas se dépêcher, contrôler ses gestes : rien à visser, rien à limer, rien à additionner ni à soustraire… On n’est point entraîné à cette liberté et l’on éprouve une sorte de malaise, on se sent tout drôle, en somme, c’est comme si l’on rêvait. La réalité recommence le lendemain, sans faute. Une journée de délassement, c’est dur quand on a pris la manie de l’activité. On ne sait pas ne rien faire. Et l’on flotte dans des vêtements trop propres qu’il ne faut pas salir. Il vaut mieux avouer que l’on s’ennuie un peu le dimanche. H. Calet.

 

CHARENTE MARTIME
Quatorze consultants la veille, trente-neuf ce jour-là, c’était du vrai travail à la chaîne. Huit heures de consultations harassantes, sans grand intérêt médical, sans aucune possibilité de s’arrêter… Des ordonnances tracées à la hâte et dont on se demande ce que les malades en comprendront. Travail éreintant, fastidieux, stupide, aussi stupide que ces clients tous mystérieusement tombés malades en même temps, à date fixe, les jours de marchés ou de foires. André Soubiran, Les hommes en blanc.

 

CÔTE-D'OR
Comme j’arrivais au bord du vallon, deux détonations presque simultanées retentirent. Je vis mon père, qui venait de tirer, et qui suivait du regard le vol plané de belles perdrix… Mais toutes glissaient dans l’air du matin, sans le moindre frémissement… C’est alors que, d’une grande touffe de genêts, surgit un béret, surmonté d’un fusil. C’était l’oncle Jules. Il tira posément : la première perdrix bascula sur la gauche, et tomba, décrochée du ciel. Les autres firent un crochet vers la droite : le fusil décrivit un quart de cercle, et le second coup retentit : une autre perdrix parut exploser, et s’abattit presque à la verticale. Les deux chasseurs, après quelques recherches, ramassèrent les victimes, qui étaient à cinquante mètres l’une de l’autre, et les brandirent à bout de bras. Marcel Pagnol.

 

CÔTES-DU-NORD
Le chantier, dans le soleil, hurle et grince. Il faut crier pour se faire entendre et la voix s’aplatit sur les murs nus et humides. Toutes les trois minutes l’ombre de la grue passe sur la façade. Elle hisse, aux étages supérieurs, la gâchée de béton que les coffreurs coulent sur les piliers. Ailleurs, elle monte les panneaux pour les boiseurs. Ce n’est plus l’homme qui dirige le travail mais la machine. Partout, les hommes doivent se plier au rythme imposé. Ils n’ont pas le temps de casser la croûte. Ils mangent, le plus souvent, un morceau d’une main et continuent à travailler de l’autre. André Remacle, Le temps de vivre.

 

DEUX-SEVRES
On parlait souvent de la rivière à la veillée, mais je ne l’avais jamais vue. Elle jouait un grand rôle dans la famille à cause du bien et du mal qu’elle faisait à nos cultures. Tantôt elle fertilisait la terre, tantôt elle la pourrissait. En automne, au moment des pluies, ses eaux montaient. On les entendait qui grondaient au loin. Parfois, elles passaient par-dessus les digues de terre et inondaient nos champs. Puis elles repartaient en laissant de la vase. Mais, en été, sous la chaleur torride, la rivière s’évaporait. Henri Bosco.

 

GARD
Une nouvelle poussée immobilisa Gagarine. Son corps douloureux pesait cinq cents kilos, ses paupières étaient crispées, mais il tenait bon. La vitesse de la fusée approchait de son point culminant. D’une minute à l’autre, il aurait quitté l’atmosphère terrestre… Quand le deuxième étage se détacha, dans sa cabine, le cosmonaute ressentit le brusque allègement de tout son corps. La capsule s’inclina pour entrer dans la courbe à rayon immense qui allait l’entraîner tout autour de la Terre. Il était sur orbite. Sa voix parvenait clairement au poste de commandement “Je vois la Terre. Je me sens très bien, que c’est beau !”

 

HAUT-RHIN
J’étais arrivé le soir avec mes parents dans un village de la côte. Je savais que nous étions là pour une chose qui s’appelait la mer, mais je ne l’avais pas encore vue et j’étais impatient de la connaître. Après le dîner, donc à la tombée de la nuit, je m’échappais seul dehors. L’air vif, âpre, sentait je ne sais quoi, l’inconnu et un bruit singulier, à la fois faible et immense, se faisait entendre derrière les montagnes de sable. Tout à coup je m’arrêtai, glacé, frissonnant de peur. Devant moi, quelque chose apparaissait, quelque chose de sombre et de bruissant, qui avait surgi de tous les côtés en même temps et qui semblait ne pas finir : une étendue en mouvement qui me donnait le vertige.

 

HAUTE-GARONNE
Il est minuit. Des gens grelottent, des enfants gémissent sur le quai de la gare. Le train arrive. Dès que les freins ont fini de grincer, les voyageurs s’élancent à l’assaut et courent le long des couloirs. Partout le même mot : “complet !” Le rêve de chacun, c’est d’avoir un compartiment pour lui tout seul, par tous les moyens. L’un dispose des paquets et des couvertures en forme de voyageurs endormis, un autre barre le chemin et lance un nuage de fumée. Les voyageurs déjà installés dans un même compartiment sont alliés ; ceux qui arrivent sont pour eux des ennemis, mais ils s’installent alors et deviennent des alliés contre les nouveaux arrivants. Alain, Propos.

 

HAUTE-SAVOIE
Pour la première fois qu’ils dînaient chaque mois chez les Pardon, Maigret devait conserver de cette soirée boulevard Voltaire un souvenir presque pénible. Cela avait commencé boulevard Richard-Lenoir. Sa femme avait commandé un taxi par téléphone, car il pleuvait, depuis trois jours, comme, selon la radio, il n’avait pas plu depuis trente-cinq ans. L’eau tombait par rafales, glacée, vous fouettant le visage et les mains, collant les vêtements mouillés au corps. Dans les escaliers, les ascenseurs, les bureaux, les pas se marquaient en taches sombres et l’humeur des gens était exécrable. Ils étaient descendus et avaient attendu près d’une demi-heure, sur le seuil de l’immeuble, de plus en plus pénétrés par le froid, que le taxi arrive enfin. Encore avait-il fallu parlementer pour que le chauffeur accepte une course aussi brève. “Excusez-nous… Nous sommes en retard… – Tout le monde est en retard ces jours-ci… Cela ne vous ennuie pas qu’on se mette à table tout de suite ?” L’appartement était chaud, intime, et on s’y sentait d’autant mieux qu’on entendait la tempête secouer les volets. Mme Pardon avait préparé un bœuf bourguignon comme elle seule le réussissait et ce plat à la fois solide et raffiné avait fait les frais de la conversation. Simenon.

 

HAUTE-VIENNE
Le sol montait à une vitesse de cauchemar. Sur une distance de deux cents mètres, Mermoz s’abattit verticalement ainsi qu’un morceau de fonte. Brusquement, il se sentit ébranlé par une secousse terrible et eut l’impression qu’il s’accrochait dans le vide. Le parachute s’était ouvert… Des morceaux de métal, des boulons, des ferrures pleuvaient sur Mermoz comme de la mitraille, déchiraient la toile de salut, précipitaient la chute. Mermoz vit la terre toute proche. Le parachute, ouvert trop tard et éventré, ne remplit qu’à demi son office. Mermoz se reçut sur les jambes. Il s’en tira avec une côte froissée, des contusions internes. “Ce n’était pas l’heure”, écrivit-il à sa mère quelques jours plus tard. Joseph Kessel.

 

HAUTES-ALPES
Homme de bon sens, intelligent et d’esprit curieux, mon père souffrait beaucoup d’être illettré. Aussi m’envoya-t-il en classe très régulièrement et jusqu’à près de quatorze ans… Sitôt que je fus en mesure de lire couramment, il consacra onze francs par an à s’abonner à deux publications. Mais quelle joie pour lui de se faire lire le journal ! Il écoutait dans une attitude recueillie, le torse penché, la tête un peu inclinée, toute son attention tendu pour ne rien perdre de ces mots magiques qui lui apportaient toutes les nouvelles du monde. F. Guillaumin, La Vie d’un simple.

 

INDRE
Il était sale. Il portait son pantalon gris, toujours le même, tirebouchonné et taché. Sa canadienne était graisseuse et ses chaussures crottées. Mais plus que ses vêtements, le négligé de sa personne me frappa quand il se mit à l’aise pour s’asseoir. Il avait une barbe de plusieurs jours et des couches de crasse derrière les oreilles. Ses mains surtout, et ses ongles étaient malpropres. Tu me trouves sale ? Je suis si fatigué que je ne pense qu’à dormir. Je me laverai demain, c’est dimanche. Claude Etcherelli, Élise ou la vraie vie.

 

LOIRE
Manon, à son habitude, montait le raidillon du ravin qui la conduisait au sorbier, lorsque la grande biquette blanche qui marchait en tête du troupeau s’arrêta net, et regarda, curieuse, le grand fourré de myrte que dominait un chêne vert à plusieurs troncs… Le chien s’élança, et gronda. C’est sous ce couvert qu’elle avait tendu ses pièges ; elle pensa aussitôt que quelque bête de la sauvagine, comme une fouine ou une belette, était en train de dévorer ses captures. Elle s’élançait le bâton levé lorsque à travers un bruit de branches brisées un chasseur surgit devant elle : c’était un étranger de la ville qui portait une plume de perdrix piquée dans le ruban de son chapeau. M. Pagnol, Manon des sources.

 

LOT
Il était bien joli ce chemin de Provence. Il se promenait entre deux murailles de pierres cuites par le soleil, au bord desquelles se penchaient vers nous de larges feuilles de figuier, des buissons de clématites et des oliviers centenaires. Au pied des murs, une bordure d’herbes folles et de ronces prouvait que le zèle du cantonnier était moins large que le chemin. J’entendais chanter les cigales et, sur le mur couleur de miel, de petits lézards gris, immobiles, la bouche ouverte, buvaient le soleil. Paul leur fit aussitôt la chasse, mais il ne rapporta que des queues frétillantes. Notre père nous expliqua que ces charmantes bestioles les abandonnent volontiers, comme ces voleurs qui laissent leur veston entre les mains de la police. Marcel Pagnol.

 

MAINE-ET-LOIRE
Un sourire. Voici une petite pluie. Vous êtes dans la rue, vous ouvrez votre parapluie. À quoi bon dire : “Encore cette sale pluie !” Cela ne leur fait rien aux gouttes d’eau, ni aux nuages, ni au vent. Pourquoi ne dites-vous pas aussi bien : “Oh ! la bonne petite pluie !” ? Cela ne fera rien aux gouttes d’eau, c’est vrai ; mais cela sera bon à vous. Prenez aussi les hommes comme la pluie. C’est bien plus facile que pour la pluie. Votre sourire ne fait rien à la pluie, mais il fait beaucoup aux hommes. D’après Alain.

 

MANCHE
Derrière le chien, presque en courant, l’homme traversa une série de rues toutes pareilles, des jardins, des parcs qui fermaient, des places tranquilles ; des hommes et des femmes montaient dans leurs voitures ; deux ou trois vieillards, l’air insouciant, boitaient tout en noir ; des ouvriers rouges entouraient de lanternes à pétrole les sortes de cratères où ils avaient travaillé toute la journée sous le plein soleil. Un bonhomme sans âge descendait aussi sur le trottoir d’en face en portant une caisse remplie de vitres sur son dos… Voilà au milieu de quoi passait le chien ; dans les rues, entre les maisons, sous les toits hérissés d’antennes de télévision ou de cheminées en briques. J. M. G. Le Clézio.

 

MAYENNE
L’enfant dans la publicité. Mis en scène par l’adulte, l’enfant de la publicité tour à tour fait l’enfant, joue à l’adulte ou dialogue avec ses parents. Il achète lui-même les produits qui le prennent pour cible ou conseille père et mère dans leurs dépenses familiales. … Le code du travail interdit, en principe, le travail rémunéré des enfants en dessous de seize ans. Mais, en matière de publicité, les dérogations sont nombreuses. Chaque secteur a ses règles. … Les gains des enfants sont contrôlés. Ces derniers ont la garantie de récupérer leur dû à leur majorité. Autre volet de la législation : la protection morale des petites vedettes de la publicité. Elle s’en tient à quelques interdits, liés aux bonnes mœurs. D’après Danielle Rouard, Article paru dans le Monde du 23 août 1984.

 

MEURTHE-ET-MOSELLE
L’air du dehors fait remuer la toile de tente l’étoffe qui sert de portière se soulève, je vois le ciel plein d’étoiles, j’entends toutes les musiques de la nuit, les mille bruits de la campagne et du bois, le chant régulier de la rivière. C’est la première fois que je couche en pleine nature. Je n’ai pas peur, c’est sûr ! mais j’ai j’ai le cœur un peu serré. Soudain devant l’entrée de la porte… D’après E. Audrin.

 

NORD
L’après-midi, assise à contre-jour dans le salon de velours rouge, elle tricotait pour les pauvres. C’est ainsiq eu je la retrouve le mieux : son visage rond, pâle, un peu fripé ; ses petites lunettes à verres fumés et ses cheveux blancs sous le nœud de dentelle noire. Elle ne faisait jamais allusion à son infirmité. Un jour, elle se heurta le front contre un battant de porte et continua sa route sans en laisse rien paraitre. Souvent, elle m’appelait pour la guider : de petite taille, elle posait sa main sur mon épaule et je marchais devant elle, écartant les obstacles de son chemin. D’après Roger Martin du Gard.

 

PAS-DE-CALAIS
J’avais sept ans. On me confia la garde du troupeau. Avant cinq heures, maman me tirait du lit et je partais aussitôt, les yeux gros de sommeil. J’avais ordre de ne rentrer qu’entre huit et neuf heures, quand les moutons, à cause de la chaleur, se tassent dans quelque coin ombrageux afin de goûter un peu de fraîcheur. Rentrant trop tôt, j’étais grondé et même battu par ma mère qui ne riait jamais et donnait plus volontiers une taloche qu’une caresse. Je restais donc jusqu’au moment où l’ombre du frêne, à droite de l’entrée, m’annonçait huit heures. Mais attendre jusque-là et, le soir, attendre dans cette même solitude, quand les ombres deviennent menaçantes, quel dur calvaire ! D’après Henri Bosco.

 

PUY DE DÔME
Nous voici à moins de cent mètres du cratère. Je remarque que la neige noire est criblée de trous : la trace des bombes. Je sors mon casque et m’en coiffe. Sur le sol, maintenant horizontal, j’avance avec prudence. Plus lentement encore, je m’approche de la gueule du volcan. J’aimerais jeter un coup d’œil à l’intérieur, voir à quel niveau se trouve la lave bouillante. Mais la fumée et les poussières forment un écran opaque que seules déchirent les explosions. Un sifflement, un choc, près de moi… La première bombe. Après un moment d’arrêt, je me remets en route et sens la terre vibrer sous mes pieds. Une fraction de seconde plus tard, l’explosion jaillit du cratère. Une volée de braise s’abat autour de moi. H. Tazieff.

 

PYRENEES ATLANTIQUES
Tout a commencé avec le pain de campagne… Il faut dire que la mode alimentaire des villes puise aujourd’hui dans les campagnes. Et le naturel, le complet, l’écologique… c’est la santé. Les pains riches en fibres, pains biologiques, au son, etc., sont synonymes de longue vie et d’éternelle jeunesse. Au fait, c’est quoi un “pain biologique” ? Personne ne le sait, et il faudrait, pour le définir, compter sur la bonne foi de l’agriculteur, du meunier et du boulanger. En fait, les abus sont si fréquents que le plus sûr est de se fier aux connaisseurs. Gault-Millaud, novembre 1986.

 

SAÔNE-ET-LOIRE
Elle était attachée à un piquet par une longue corde. “C’est une chevrette si vive qu’elle sauterait par-dessus les barrières si je ne l’attachais pas, dit la tante. Vous allez voir !” Elle détacha la chèvre, et aussitôt cefut une course folle autour du clos. Les enfants battaient des mains. Michel se mit à courir lui aussi, mais la bête était beaucoup plus leste que lui et, au moment où il croyait la toucher, elle lui échappait d’un bond. À la fin, elle se cabra devant lui et fit mine de le menacer avec ses petites cornes. E. Pérochon.

 

SARTHE
Nous apercevons un requin de trois mètres de longueur… Il se retourne et vient droit sur nous. Sans réfléchir, je brandis la caméra comme un bouclier, j’appuie sur le levier de déclenchement, et je me trouve en train de filmer al bête qui fonce sur moi. Le museau plat ne cesse de grandir ; bientôt il n’y a plus au monde qu’une gueule. De toutes mes forces, je pousse la caméra en avant et frappe en plein sur le museau. Je sens le déplacement d’eau d’un grand coup de queue, un corps lourd passe près de moi en un éclair et le requin se trouve à quatre mètres, inexpressif, décrivant lentement autour de nous sa ronde obstinée. D’après Cousteau et Dumas.

 

SEINE-MARITIME
Quand j’étais tout enfant, nous habitions à la campagne. La maison qui nous abritait était isolée au milieu des champs. Au-delà coulait une rivière. Elle jouait un grand rôle dans la famille à cause du bien qu’elle faisait à nos cultures. Tantôt elle fertilisait la terre, tantôt elle la pourrissait. En automne, au moment des pluies, ses eaux montaient. On les entendait qui grondaient au loin. Parfois, elles passaient par-dessus les digues de terre et inondaient nos champs. Puis elles repartaient en laissant de la vase. Au printemps, quand les neiges fondaient dans les Alpes, d’autres eaux apparaissaient. Les digues craquaient sous leur poids, et, de nouveau, les prairies ne formaient qu’un étang. Mais en été, sous la chaleur torride, la rivière s’évaporait. Henri Bosco.

 

SOMME
Le jour avait rapidement baissé : les bois que le cavalier avait traversés le matin dans l’autre sens étaient déjà sombres, mais plus haut, en débouchant sur le découvert des pentes, il retrouva la clarté du ciel où tremblaient d’innombrables étoiles. Derrière lui, les pierres du chemin crissaient et roulaient sous les fers du cheval ; il n’y avait d’autre bruit que ce lourd et lent martèlement sans écho qui accompagnait sa marche. C’était pourtant l’heure où commençait à s’élever le chant de tous les insectes nocturnes. Mais on n’entendait rien. Jean Carrière.

 

TERRITOIRE DE BELFORT
Le typhon. Alertée par l’effroyable tumulte, un coup d’œil suffit à la jeune fille pour comprendre la situation et ses yeux s’agrandirent de terreur. La tourmente augmentait : le pont saccagé s’était couvert de débris balayés par d’énormes vagues. Il ne subsistait plus rien à quoi s’accrocher sur le bateau dansant une gigue folle sur les flots. Quelques minutes plus tard, les trois amis, luttant contre les éléments, tranchaient les cordages, sectionnaient les câbles retenant à l’Atlante la voile et la partie du mât abattue. Les jeunes gens travaillaient sans relâche, bousculés par des paquets de mer, secoués par la bataille que, ruant et se cabrant, le petit voilier menait contre la tempête. Le pont enfin se trouva dégagé et la monstrueuse ancre flottante qui tenait le bateau penché fut larguée. Atlante, libérée, se redressa. Michel Grimaud, Les Pirates de Bornéo.

 

 

 

Toutes ces dictées sont extraites des Annales corrigées du CEP – Livre du Maître – Vuibert, 1987.

Nos références pour donner des leçons d’orthographe

Garantir la qualité des corrections apportées

Grand Larousse du XIXe siècle

Des ouvrages de référence

Certaines personnes croient que l’orthographe est soit magique, soit infuse… Certains pensent que les “bons en orthographe” n’ont pas besoin de se relire et que leurs bonnes notes en dictée sont dues à une bonne étoile ou à une fée de la grammaire qui se serait penchée tout sourire sur leur crâne vierge de bébé “comme les autres”.

En réalité, il faut bien avouer que, si des inégalités existent (capacité et sorte de mémoire), même les “bons en orthographe” se relisent et utilisent des sources sûres quand ils ont un doute, ce qui arrive fort souvent.

Quand on veut faire de la relecture, le minimum est de pouvoir offrir au client la garantie de la véracité des corrections apportées : il ne suffit pas d’asséner des règles d’orthographe, encore faut-il les justifier. Et pour ce faire, nous nous servons d’ouvrages de référence (et pas d’Internet).

D’où tirons-nous les leçons d’orthographe et d’usage que nous osons donner ?

Je vous présente les sources et références de Qualitexte, celles qui font de nous des killeuses bêtes en repérage de faute :

1. Le meilleur dictionnaire de français : le PETIT ROBERT → orthographe, étymologie, usage.

2. Un dictionnaire de difficultés : le DICTIONNAIRE DES DIFFICULTÉS DU FRANÇAIS (Hanse et Blampain) → usage correct et incorrect, belgicismes et québécismes.

3. Un répertoire de conjugaison : le fameux NOUVEAU BESCHERELLE → possibles et impossibles temps.

4. Un lexique typographique : l’intéressant LEXIQUE DES RÈGLES TYPOGRAPHIQUES EN USAGE À L’IMPRIMERIE NATIONALE  → règles et usages typographiques.

Un label de qualité en orthographe

Il faudrait un label de qualité ou de conformité “conforme à…” qui garantirait à nos clients la qualité et la conformité de nos conseils et corrections avec les règles et usages en vigueur. Cela n’existe pas encore.

 

Bien utiliser la préposition SUR

“Dans quel marasme les ai-je plongés ? Arrêter de dire “sur” leur paraît à tous insurmontable !

"Dans quel marasme je les ai plongés ! Arrêter de dire 'sur' leur paraît à tous insurmontable ! Sur la France, sur Paris, sur la Loire, sur la rue, sur l'année 2015, sur la tête de ma mère, il faut que ça s'arrête !"

 

 

Sur la France, sur Paris, sur la Loire, sur la rue, sur l’année 2015, sur la tête de ma mère, il faut que ça s’arrête !”

J’arrête de dire “sur” à la place de “en”, “à”, “dans”, “par”, “contre”, “après”…

Voici une liste de quelques emplois INCORRECTS à identifier et à bannir de sa syntaxe :

– deux fois *sur la semaine (PAR semaine) ;
– être *sur la porte (à la porte) ;
– jouer *sur la rue (DANS la rue) ;
– brouter *sur une prairie (DANS une prairie) ;
– *sur l’année dernière (AU COURS DE l’année dernière);
– il fait 20° *sur Paris (à Paris) ;
– travailler *sur une ferme (DANS une ferme) ;
– être fâché *sur qqn (CONTRE qqn) ;
– crier *sur qqn (APRES ou CONTRE qqn) ;
– *sur le tram (DANS le tram)…

Comme d’habitude, nous avons fait précéder d’un astérisque (*) les formulations incorrectes.

quand / quant

Quand Eric court, il porte un short. Quant à moi, je préfère le pull torsadé-col roulé quand je caresse des arbres.

Quand Eric court, il porte un short. Quant à moi, je préfère le pull torsadé-col roulé quand je caresse des arbres.

“Quand Eric court, il porte un short. Quant à moi, je préfère le pull torsadé-col roulé quand je caresse des arbres.”

J’arrête de confondre “quand” et “quant”. Et je ne reste pas sur mon quant-à-soi.

Règle :

– “Quand” est synonyme de “lorsque” et marque le temps.
– “Quant” signifie “pour ce qui est de” : “quant à”, “quant aux”.
Rester sur son “quant-à-soi” est une expression qui signifie, quant à elle, “garder une attitude réservée, distante”.

Ce n’est pas parce qu’on entend une liaison en [t] dans “quand il…” qu’on voit la lettre “t”. Voilà encore un cas où tout est une question de sens.

je me suis permis/je me suis rendu compte

je me suis permis je me suis rendu compte

En 2015, j’arrête d’accorder les participes passés avec les compléments d’objet indirects.

“La première fois que j’ai vu Tzumei, je me suis permis de lui demander son âge. C’était osé. Mais j’étais jeune, et je ne m’en suis pas rendu compte sur le moment.”

J’arrête d’accorder les participes passés avec les compléments d’objet indirects.

En effet, aussi vrai qu’une femme ne dira pas “*je lui ai apprise des choses”, elle ne dira pas “*je me suis permise de” et n’écrira pas non plus “*je me suis rendue compte”.

Dans notre phrase d’exemple, on ne sait donc pas qui parle, de l’homme ou de la femme.

La raison en est qu’on “permet à” et qu’on “rend compte à”. La présence de cette préposition “à” ne nous permet pas d’accorder le participe passé avec le complément, car il est INDIRECT.

Alors, les filles, vous vous êtes permis de faire la faute et vous ne vous en êtes pas rendu compte ? Prenez de bonnes résolutions !

à l’attention / à l’intention

drôle de dames

à l’attention / à l’intention

“Message à l’attention des collectionneurs :
Tous nos cols napolitains sont des pièces uniques, dessinées et assemblées à l’intention des drôles de dames.


J’arrête de confondre “à l’attention de” et “à l’intention de”.

En effet, quand j’écris une lettre ou un discours, je l’adresse “à l’attention” de celui qui le reçoit.

Je peux écrire sur l’enveloppe “A l’attention de Monsieur Z.”.

Mais quelle est la différence avec “à l’intention” ?

L’expression “à l’intention” s’utilise dans des cas bien précis : elle a un sens similaire à “en l’honneur de”.

Par exemple, on dira : un discours à l’intention des familles de soldats ou à l’intention des chefs d’État présents (c’est-à-dire dans le dessein d’être entendus !).

Je dirai / je dirais

"Tu vois, petit, si j'étais sûre de mon coup, je te dirais de mettre un -s au conditionnel..." En effet, si vous n'êtes pas sûrs de votre coup, mettez donc un -s à votre verbe : je dirais, je ferais, je serais... C'est aussi le cas dans les formules de politesse : je voudrais, je souhaiterais, je prendrais... Sinon, que se passe-t-il ? Votre verbe est au futur et vous tombez dans le domaine de la certitude. Le sens change donc complètement : - Je trouverais du boulot. (=dans mes rêves...) - Je trouverai du boulot. (=à coup sûr !)

“Tu vois, petit, si j’étais sûre de mon coup, je te dirais de mettre un -s au conditionnel…”

“Tu vois, petit, si j’étais sûre de mon coup, je te dirais de mettre un -s au conditionnel…”


En effet, si vous n’êtes pas sûrs de votre coup, mettez donc un -s à votre verbe : je dirais, je ferais, je serais…

C’est aussi le cas dans les formules de politesse : je voudrais, je souhaiterais, je prendrais…

Sinon, que se passe-t-il ? Votre verbe est au futur et vous tombez dans le domaine de la certitude. Le sens change donc complètement :
– Je trouverais du boulot. (=dans mes rêves…)
– Je trouverai du boulot. (=à coup sûr !)

Les fautes de frappe

Personne n’est à l’abri d’une faute de frappe !

Une espacea invisible sur son éditeur de texte (*l’ oeil), un “s” qui vient se coller au mot suivant (des *gro syeux), une double lettre qui perd l’un de ses membres (une *feme), une lettre qui disparaît (un *hampignon), une autre qui revient de loin (*travzil)…
Les coquilles sont des erreurs que la raison ne connaît pas… et que le lecteur remarque.

Elles sont dues à la fatigue (cérébrale et oculaire) et apparaissent le plus souvent en fin de journée. Il faut en avoir conscience afin d’anticiper. Il serait regrettable de publier trop vite un article fleuri de coquilles, écrit en état de fatigue mentale et visuelle. Patience, donc.

Fractionnez votre travail de rédaction !

D’une part, c’est capital pour “re-voir” le fond de votre texte, d’autre part vos yeux se seront reposés et scruteront votre texte comme s’il s’agissait de la première fois. Les imperfections vous sauteront aux yeux et les coquilles brilleront d’un éclat tel que vous ne pourrez les manquer.

Il faut donc patienter et recharger ses batteries. Levez-vous et quittez pour un temps votre espace de travail et son écran lumineux… Changez-vous les idées en discutant, mangeant ou pratiquant une activité de loisir. A votre retour, vous aurez un regard neuf et critique sur votre travail.

Quand vous aurez assez distrait votre regard et votre esprit, vous pourrez passer à la deuxième phase de la rédaction, qui est celle de la relecture. Supprimez les coquilles ; augmentez ou réduisez votre texte ; jouez votre partition de relecture comme vous l’entendez : sur le mode “réécriture”, “révision”, “enrichissement” ou “réduction” !

Le conseil du chef pour éviter les fautes de frappe

Si vous avez écrit un article fleuve, vos yeux se fatigueront à nouveau et votre sens critique s’émoussera. Il vaut mieux fractionner à nouveau et prévoir plusieurs relectures de chaque partie.

a : une espace, nom féminin. Sur l’écran, l’espace désigne l’écartement entre deux signes.

Peut-on progresser en orthographe ?

Alpiniste

Alpiniste

Même si le cerveau est plus malléable à 12 ans qu’à 40, il est possible d’améliorer son orthographe à tout âge. Il est certain qu’une activité professionnelle accaparante ainsi qu’une famille nombreuse constituent des freins à toute formation. Mais si vous êtes motivé et suivez une méthode, nul doute que vous saurez vous dégager du temps pour apprendre.

Quels sont les inconvénients dus à une mauvaise maîtrise de l’orthographe ?

Réfléchissez-y bien et pensez à tout ce que vous avez pris l’habitude de ne plus faire à cause de votre orthographe hésitante. Répondez sincèrement à ces quelques questions.