Qualitexte

Nous rendons vos créations irréprochables.

Demander une relecture

“Bescherelle ta mère”, entre humiliation et raison d’être

Humiliation d'une fillette qui porte le bonnet d'âne.

Humiliation d’une fillette qui porte le bonnet d’âne.

Qu’est-ce que l’orthographe “bashing” ou l’orthographe “shaming” ?

Le mot “bashing” désigne en anglais une sorte de dénigrement, ou bien d’acharnement lorsqu’il s’agit d’une personne (un homme politique par exemple). Ce terme a fait irruption dans notre vocabulaire il y a quelques années et connaît un emballement spectaculaire lié au développement des réseaux sociaux qui permettent à tous de pratiquer cette sous-discipline du mépris, tout en restant anonyme. 

Dès qu’il s’agit d’orthographe, c’est une attitude que l’on peut, à raison, juger très française : l’humiliation. On parle alors de “shaming“, de “shame”, la honte. Montrer du doigt les cancres et se gausser, entre “érudits complices”, de leur ignorance, est un sport national qui ne manque pas d’adeptes.

Qui est la cible de ces justiciers de l’orthographe ?

Les plus visés sont bien sûr ceux qui s’exposent le plus : les commerçants, les restaurateurs, les professionnels de la presse et du tourisme… Plus généralement, ce sont tous ceux qui, par leurs écrits informatifs, politiques ou commerciaux, font de notre environnement un espace “à lire”. 

Suite à l’émergence des chaînes d’information en continu et des publicités nombreuses, plus ou moins dissimulées sous des reportages superficiels ; suite également à la publication sur Internet, au mépris de la syntaxe, de commentaires sportifs en direct, de tweets et autres informations “people” qui n’ont qu’un intérêt médiocre et éphémère, les écrits bâclés se sont multipliés : coquilles, fautes de français, mots manquants, absence de connecteurs logiques, substitution de mots, etc. Tout est bon pour faire réagir les justiciers de l’orthographe. Un énarque ou un journaliste qui faillit, c’est grave. Et c’est sans doute vrai.

Nadine Morano, une reine du tweet bâclé.

Nadine Morano, une reine du tweet bâclé.

Mais cette pratique de “bashing” ou encore “shaming” touche aussi des anonymes qui voient leur réputation ruinée en quelques jours suite à une malheureuse bourde dans un statut de réseau social, ou dans une lettre de motivation.

Qui sont ces justiciers de l’orthographe ?

Il suffit de taper “fautes d’orthographe” sur Facebook pour constater que c’est un sujet qui passionne (près de 2000 membres à ce jour dans le groupe privé intitulé “Marre des fautes d’orthographe”).
L’exemple le plus populaire du moment, Bescherelle ta mère, est un blog dédié au recensement participatif et à la dénonciation en règle de toutes les aberrations orthographiques de notre quotidien (235 000 membres sur Facebook). Il est tenu par  Sylvain Szewczyk, 22 ans, qui se présente comme un justicier de la langue française. Souvent caustique, il s’adresse à tous et se veut instructeur : il donne par exemple des moyens mnémotechniques imparables – voire agressifs – pour éviter certains pièges ou faire des rappels à la règle.

Pointer les fautes : un mal nécessaire ?

Les justiciers de l’orthographe, tant qu’ils s’attaquent à des professionnels de la publication ou à des personnages publics qui se servent des réseaux sociaux pour leur promotion, font un travail essentiel et salvateur. D’une part, ils pointent les erreurs et soulignent, par leurs corrections, l’importance de l’emploi du mot juste et de l’écriture correcte. D’autre part, ils jouent le rôle de gardiens et de veilleurs et rappellent à chacun d’entre nous que la langue française ne doit pas être maltraitée. 
Une personne dont c’est le métier d’écrire ne devrait pas prêter le flanc à ce genre de critique. Encore une fois, une seule solution : la relecture avec des outils de référence ou par des professionnels.

Ardoise de glacier avec une erreur.

Ardoise de glacier avec une erreur.

Il fut un temps où les adolescents que nous étions se fondaient sur un exemple vu “à l’écrit”, sur un magazine ou dans un livre, pour justifier une orthographe. Ce qui était écrit servait d’exemple. Aujourd’hui, il est tout à fait proscrit de se fier aux messages qui nous entourent.

Quel est notre point de vue ?

En tant que professionnels de la correction, nous ne nous positionnons pas du tout sur le même terrain que ces justiciers de l’orthographe. Même s’il nous arrive de trouver amusantes certaines erreurs, nous ne sommes pas là pour en juger et encore moins pour nous moquer. Assommer le fauteur de mépris ne constitue ni notre occupation ni notre projet.

Aider en corrigeant, avant publication, voilà qui nous semble plus productif pour le paysage textuel français.  
Aider l’entrepreneur à monter son projet et à présenter son activité sur son site vitrine, aider le demandeur d’emploi à écrire et présenter sa lettre de motivation, aider le webmestre à rendre son contenu Internet impeccable, voilà ce qui nous importe le plus.

(Visited 570 times, 2 visits today)
Emily Bertrand

About Emily Bertrand

Emily BERTRAND, passionnée de littérature allemande, de didactique et de rock (tendance punk), elle est une autodidacte appliquée dans les domaines du marketing digital, de la programmation et du référencement naturel.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *